Etes-vous fait pour avoir un Skye

Êtes-vous fait pour avoir un Skye ?




Naturellement, après la lecture de la page “Caractère du Skye”, cette page apparaît comme curieusement mal venue. En effet, le caractère du Skye a l’air sans défaut, il est donc fait pour tous... Pourtant, les trois quarts de propriétaires de Skyes que j’ai pu rencontrer jurent qu’ils ne reprendront jamais un tel chien. Leurs Skyes étaient craintifs et parfois agressifs. Et pourquoi ? Car ces gens ont éduqué leur Skye comme un Labrador ou un Malinois. Or le Skye n’est pas un Labrador. Ce type d’éducation appliqué au Skye donne toujours des résultats désastreux car le Skye n’aime pas obéir aveuglément. Il ne se “dresse” pas. Il aime comprendre et faire plaisir. Et pour cela, le maître, de par son caractère, doit se faire comprendre du Skye. Gentillesse et affection sont la clé d’une éducation réussie. Le Skye est sensible et n’aime obéir que si l’on est gentil avec lui, tout simplement. Et pour être gentil avec son Skye, il faut savoir le comprendre, pour éviter de s’énerver lorsqu’il fait quelque chose de mal... Cela demande un certain effort du maître et beaucoup d’empathie. À cet égard, seule une âme sensible peut s’accorder avec un Skye sensible. Qui se ressemble s’assemble...



Le Skye a un grand besoin d'amour.


Ne vous y trompez pas, l’harmonie ne peut régner que si le caractère du Skye et le vôtre sont en parfait accord. Car en effet, et je ne le répéterai jamais assez, le Skye est un chien très spécial. Autant le dire tout de suite, si vous cherchez un compagnon perpétuellement content, toujours complaisant et obéissant et que vous pourrez dresser à rapporter vos pantoufles, ne prenez pas de Skye car cette race est aux antipodes de ce modèle. En revanche, si vous êtes un anarchiste aimant l’originalité, la liberté et ayant un grand besoin d’amour, alors c’est le Skye et rien d’autre qu’il vous faut !
À dire vrai, le comportement du Skye ne correspond pas toujours à l’idée que l’on se fait d’un chien. Personnellement, je dirais même que ce drôle de chien est plus félin que canin ! Comme le chat, le Skye n’est pas soumis, il ne vous fera plaisir que s’il vous aime. Et pour qu’il vous aime, il ne faut surtout pas faire de débauche d’autorité, sous peine de le voir vous fuir. Curieusement, on dirait qu’il comprend mieux lorsqu’on lui parle comme à une personne... Il est constamment à l’écoute de son maître (qui est d’ailleurs plutôt un ami) et adore ce type de relation. À cette condition, il deviendra vite le plus doux et le plus affectueux des compagnons, dans une relation exclusive et impossible à briser. Comme pour un chat, d’ailleurs.
Comme je l’ai déjà écrit, le Skye n’est pas dominant mais insoumis. Il déteste les rapports infantilisants. Pour le constater, il suffit de regarder les autres chiens. Ils vont spontanément vers tout le monde, sont toujours d’humeur égale et prêts à jouer, et aiment obéir. Comme des chiots, en fin de compte. À cet égard, le Skye est un adulte. Il ne veut pas être une poupée, mais une vraie petite personne. C’est pourquoi il n’accepte les familiarités d’inconnus qu’au bout de longues semaines d’observation. Quant à donner sa confiance, jamais à la famille si ce n’est au maître adoré. Le Skye n’obéit qu’à son maître, c’est là une constante chez la race. Et il n’obéit que dans un vrai cadre de respect. Les adeptes d’une éducation autoritaire, du type “Tu vas obéir ou je vais te fiche une baffe !” n’obtiendront au mieux qu’un royal mépris, au pire une peur maladive des humains, avec de l’agressivité défensive au bout du chemin.
En bref, il faut comprendre que le Skye se mérite. Il n’est pas fait pour tous et ne se révèle sous son meilleur jour qu’à ceux qui savent le respecter. Il ne veut pas non plus être oublié, malheureux au milieu de 30 congénères et exploité par un(e) professionnel(le)* ou enfermé dans un chenil. Il est un être vivant à aimer, pour le meilleur et pour le pire.
Et ceux qui ne comprennent pas cela ne devraient pas avoir de Skye, ni même de chien.




*La personne concernée comprendra, et c’est bien moi et non quelqu’un d’autre l’auteur de ces paroles et de tout ce qui est écrit dans ce site, il ne faut pas accuser injustement sans savoir. Oui, il faut se limiter en nombre de chiens, car après un certain nombre où est l’amour ? En tout cas avec 30 chiens (même à l’état de projet) il n’y en a pas, il n’y a que l’appât du gain !