Skyes extraordinaires

Des Skyes extraordinaires



Geddon, le Skye de Marie Stuart

Marie Stuart était très connue pour son grand amour des chiens. “Mon seul plaisir, disait-t-elle, est dans tous les petits chiens que je peux avoir.” Un petit Skye nommé Geddon devint même le chien préféré de la reine durant son emprisonnement. Lorsqu’elle s’en alla vers sa condamnation à mort, le Skye la suivit sous sa robe à l’insu de tous. Marie Stuart fut décapitée. Au moment où la hache frappa, le petit chien soudainement sortit en courant de sa cachette et s’assit résolument entre la tête et le corps ensanglantés de la reine. Il refusa de bouger d’un poil jusqu’à ce qu’une dame de Marie l’emporte couvert de sang dans ses bras. Il refusa de manger et de bouger et mourut de chagrin quelques jours après sa maîtresse. Cette tragique histoire est le premier témoignage écrit de l’existence du Skye terrier.


Greyfriars Bobby, le chien le plus fidèle du monde

En 1856, le chômage faisant rage en Écosse, un ancien jardinier, John Gray, partit de la campagne vers Édimbourg avec sa famille. Il obtint un emploi de policier et eut droit à un chien de garde. Il obtint ainsi de ses supérieurs un chiot Skye terrier qu’il nomma Bobby. Tous les jours à treize heures pile, sonnées par un coup de canon, l’homme et le chien allaient dans un petit restaurant où Gray donnait à Bobby une brioche puis un os. Deux ans plus tard, Gray mourut de tuberculose. Le jour des funérailles, plusieurs témoins reconnurent Bobby dans le cortège funèbre qui suivait le premier le cercueil. Puis, la cérémonie terminée, le chien disparut. Il ne revint jamais dans la famille de Gray. Le lendemain, le gardien du cimetière d’église de Greyfriars, où était enterré John Gray, fut surpris de découvrir Bobby couché sur la tombe de son maître. Le cimetière étant interdit aux chiens, Bobby fut chassé. Mais le lendemain, puis encore le surlendemain, Bobby revint la nuit malgré le gardien qui le chassait à chaque fois. Finalement, voyant une telle fidélité, le gardien eut pitié du petit chien et obtint une dérogation de la ville qui autorisait Bobby à rester. Ce ne fut qu’au bout de trois jours que Bobby fut forcé par la faim à sortir du cimetière. Le patron du restaurant fut alors surpris de voir Bobby arriver tout seul à treize heures pile pour sa brioche et son os. Après avoir avalé son repas qui lui fut donné de bon cœur, Bobby revint se coucher sur la tombe de son maître. Dès lors, il ne la quitta que pour aller chercher son repas. Plus tard, il se prit d’amitié pour un soldat d’Édimbourg et le suivait quand ce dernier allait sonner le coup de canon marquant treize heures. Puis ils allaient tous deux prendre leur repas au restaurant où allait John Gray avant de se séparer. Mais en dehors de ce moment, Bobby ne voulait accompagner personne. Bien des familles voulurent adopter Bobby, mais lui se mettait à chaque nouveau foyer à hurler de manière si sinistre qu’il était toujours autorisé à repartir, et il revenait sans surprise au cimetière. Cependant, dans la seizième et dernière année de sa vie, il accepta, vieux et fatigué, de rester la nuit chez les Traill, la famille propriétaire du restaurant où il allait prendre son repas. C’est ainsi, chez les Traill, qu’on le retrouva mort une froide matinée d’hiver 1872. Il avait veillé sur la tombe de son maître pendant quatorze ans. La même année, la baronne Burdett-Coutts fit construire près du cimetière une fontaine surmontée d’une statue de Bobby grandeur nature, qui est toujours visible aujourd’hui. Le Huntly Museum d’Édimbourg expose aussi les photos et les objets de Greyfriars Bobby, comme son collier. Inconnu en France, Greyfriars Bobby reste depuis plus d’un siècle un symbole de fidélité pour les Écossais.


Greyfriars Bobby d’après sa célèbre statue.





Olivia Gloria, l’héroïne

"Le 24 juin 1951, une belle Skye blonde, Olivia Arie, accouplée à Olivia Candy, donna naissance à 6 adorables chiots : Goody, Gale, Gipsy, Gay, Gentry et Gloria. La petite Gloria fut achetée par M. Schreiber de Prague (autrefois la Tchéchoslovaquie) pour son fils de 7 ans, qui avait toujours voulu un chiot à poils longs. Ils vivaient dans un vieux quartier de Prague dans une maison mitoyenne. Le 29 juin 1954, plusieurs ouvriers commencèrent à enlever un pan de mur au rez-de-chaussée. Ce matin-là, le père partit acheter du lait et des pâtisseries pour le petit déjeuner de la famille. Lorsqu’il revint à la maison, il découvrit une grande catastrophe : la maison entière s’était écroulée ! Quel choc ! Les pompiers, les policiers et les ouvriers commencèrent à creuser et trouvèrent les membres de la famille de l’autre partie de la maison tous morts ou gravement blessés. Puis ils trouvèrent la femme et la fille de 6 ans de Schreiber toutes les deux mortes. Ils cherchaient le fils, creusant et creusant, mais ne trouvaient rien. Soudain quelqu’un entendit un chien aboyer ; ils creusèrent dans cette direction et trouvèrent l’enfant vivant ; sur son corps était couchée son héroïne Gloria, qui avait sauvé la vie de son jeune maître. Tous deux étaient gravement blessés mais s’en sortirent. Le petit garçon commença sa nouvelle vie avec son père et la Skye bien-aimée Gloria."

D’après Olga Smid, traduction Violaine Alfero






Et quelques autres exemples surprenants...

Gleanntan “Max”, un Skye américain appartenant à Susan Miller-Samuel, a bien mérité son nom, d’une part de par son poids (17 kilos !), mais aussi et surtout de par son intelligence extraordinaire que nous décrit sa maîtresse dans le magazine Potomac Piper (magazine du Potomac Skye terrier club) du printemps 2006. Voici un extrait que j’ai relevé et traduit.
“Max a un sens de l’humour intéressant. Cela lui prit peu de temps pour comprendre comment faire fonctionner le robinet se trouvant dans la porte de notre frigidaire (un frigidaire américain, bien entendu). Il ne fut pas peu fier de lui après cela. (...)
Max ensuite découvrit les tiroirs et les portes. “Oh... Regardez ce que je suis capable de faire.” Quel plaisir il prend à les ouvrir et les refermer avec un “BANG”. Il ne dérange jamais le contenu des tiroirs, mais les referme en les faisant claquer pour obtenir un biscuit, de l’eau ou une promenade. (...) Lorsqu’il a réussi à obtenir ce qu’il veut, il a un grand sourire jusqu’aux oreilles, ce que peut constater tout propriétaire de Skye avec le sien !”
Et c’est vrai, tous les Skyes sourient...


Candy, comme Max, aime chercher à savoir comment ouvrir les bouteilles en plastique...

Autre histoire : une éleveuse possède une chienne qui, comme beaucoup de Skyes, déteste par-dessus tout aller en expositions et ferait n’importe quoi pour y échapper. Un jour, la chienne trouva un ingénieux stratagème : le matin d’une exposition, l’éleveuse trouva sa chienne en train de boiter fortement. De fait, plus question d’aller à l’exposition. La chienne fut emmenée de suite chez le vétérinaire. Verdict du vétérinaire à l’éleveuse : “Votre chienne simule !” Évidemment, l’éleveuse fut incrédule au début. Mais voilà : les expositions se terminent vers 18 h... Et vers 18 h, la chienne cessa soudainement et définitivement de boiter !!!...



Enfin, à tout seigneur tout honneur : mon Candy lui-même ne manque pas de m’épater chaque jour. Comme de nombreux Skyes, il m’est si fidèle qu’il refuse catégoriquement de s’alimenter en dehors de ma présence, à tel point qu’il m’est impossible d’être loin de lui plus d’une journée ! En effet, malgré les efforts de ma famille, il est capable de faire la grève de la faim et de la soif indéfiniment si je ne suis pas là.
Candy est toujours de mon côté, et il déteste la violence. Mon père est un ancien champion de boxe, et il nous arrive quotidiennement, lui et moi, de simuler des combats ensemble. Et Candy n’est pas d’accord, mais alors pas du tout ! À peine l’esquisse d’un vrai-faux coup de poing, même de moi, entamée, il se précipite en aboyant sur mon père et se met à “l’enguirlander” copieusement ! Candy, ange de la paix...
Mais Candy n’est pas toujours aussi sérieux. Il sait réclamer sa promenade : après avoir gratté la porte d’entrée, il attrape sa laisse, la prend dans sa gueule, la jette devant lui, la reprend, la re-jette en remuant la queue, jusqu’à ce que je la lui mette. Et lorsqu’il est heureux de me voir, il me saute dessus pour attraper mon pull et le tirer en poussant d’énormes et longs grognements de joie ; il vient ensuite frotter sa tête sur ma jambe comme un petit chat ; puis il se réfugie sur le canapé sur le dos, les quatre pattes en l’air, avec les yeux pétillants et un immense sourire, les babines retroussées et la langue qui pendouille sur le côté !...


Vraiment, le Skye est un chien extraordinaire !...


“Mon plus beau sourire !”